On me pose parfois la question concernant l’achat d’un piano. Quand « on n’y connaît rien », l’achat de son premier piano est quelque chose d’intimidant ! Voici quelques conseils, qui j’espère vous guideront dans votre choix.

Une question de goût

Si dans un magasin je vous bande les yeux et vous demande d’écouter comment sonnent plusieurs piano, vous aurez votre préférence et vous réaliserez que finalement vous vous y connaissez plus que ce que vous pensiez ! Car oui, l’expérience du son et de la musique est universelle. Ainsi, vous entendez. C’est un sentiment sur lequel vous devez vous baser pour faire le choix de votre instrument.

Une question de prix aussi…

En reprenant l’expérience ci-dessus, vous allez sûrement ADORER le piano le plus cher du magasin ! C’est pourquoi le prix doit entrer rapidement dans l’équation. On trouve des pianos à tous les prix, et il y a une raison à cela. Comparez avec l’achat d’une voiture. Notre expérience de la vie nous rend plus familier à la différence entre une voiture qui coûte cher et une voiture qui ne coûte pas cher. Pourtant elles font la même taille, ont à peu près la même forme, ont le même objectif… Il en va de même pour les pianos.

On trouve ainsi des pianos qui vont de 2000€ à 150000€.

Le moins cher possible

Souvent, pour l’achat du premier piano on le risque est grand qu’il ne servira plus au bout de quelque mois, 2000€ peut paraître beaucoup. N’oubliez pas qu’un piano est un objet compliqué à la mécanique sophistiquée et fragile.

Voici sur quoi vous pouvez réfléchir si 2000€ est encore trop chez pour vous :

  • Se tourner vers de l’occasion. On trouve des pianos d’entrée de gamme moins cher. Souvent le prix est transféré vers d’autres postes de dépense : l’entretien, l’avis d’un professionnel… voir mon chapitre dédié ci-dessous.
  • Louer un piano, et le rendre quand on veut (ou pas). Des magasins le permettent et c’est un bon choix au début.
  • Se tourner vers un piano numérique. L’expérience est différente, mais les coûts bien moindres. Voir ma section dédiée ci-dessous.

Cependant, voici les points sur lesquels vous ne pouvez pas tergiverser :

  • Acheter un synthétiseur ou équivalent. Pour pratiquer le piano il vous faut le bon nombre de touches, la bonne taille de touches et un toucher étudié pour simuler celui d’un vrai piano à la mécanique si particulière. Autrement, vous vous tournez soit vers un « jouet », soit une autre manière de pratiquer la musique, qui n’est pas tout à fait cette d’un piano. C’est un peu comme si vous vouliez faire de l’orgue, et que vous achetiez un piano à la place parce que ça ressemble. C’est très bien, mais ce n’est pas le même instrument.
  • Acheter un numérique sur pied. Ces types de pianos peuvent avoir le bon nombre de touche et la bonne taille de touches, mais pas la stabilité qui permet de véritablement apprendre et pratiquer l’art du piano. Un piano qui tremble et qui bouge tout le temps, même pour les débutants, n’est pas une option.

Acheter un piano pour un enfant

Une fois j’étais chez un marchand de piano et je discutais avec le technicien au fond du magasin. Il me disait qu’il n’y a pas de piano spécialement adapté pour les enfants ou les débutants. Il y a des bons pianos et des moins bons pianos… (indexés sur le prix). Autrement dit, si vous apprenez le piano sur un piano à 150000€, votre expérience sera bien meilleure que celle sur un piano à 2000€ !

Ça ne vous aide pas 🙂

Les pianos les moins chers sont les pianos d’étude. Par leur taille, ils proposent une projection du son limitée, une qualité de son moyenne, peu de contraste… mais sont des « vrais pianos », et donc, oui, suffisant pour débuter le piano. En fonction de la pratique, ça vaut le coup ensuite de le revendre (à un autre débutant) pour monter en gamme et faire progresser votre enfant dans sa pratique.

En étant au conservatoire, il ou elle aura l’occasion d’expérimenter d’autres pianos : celui du cours, celui de l’auditorium… Car tel en va la vie d’un pianiste, même amateur : souvent jouer sur des pianos différents. Je suis jaloux des violonistes parfois…

Acheter un piano d’occasion à un particulier

Le marché du piano d’occasion est vaste, et on peut comprendre pourquoi. Les pianos modernes et de bonne facture vieillissent bien. Parfois bien mieux que notre motivation… ainsi il existe un marché d’occasion qui peut être plus ou moins intéressant.

Cependant notez ceci : les marchand de piano, dont beaucoup font de l’occasion, ont pour métier de traquer les offres d’occasion sur Internet (Leboncoin, eBay, …) en France et à l’étranger. Ils les achètent, parfois sans les essayer car ils savent à quoi s’attendre, les retapent et les revendent. C’est une concurrence assez sérieuse pour les amateurs, car acheter un piano d’occasion implique des coûts « cachés » et un risque accru.

Voici à quoi faire attention en achetant un piano d’occasion :

  • Essayez le piano, impérativement. Appuyer sur toutes les touches, une par une, et écoutez, soyez sensible au toucher. Pas besoin d’être un expert pour savoir si une touche pose problème. Si c’est le cas, ce n’est pas forcément un problème grave, mais il sera difficile pour vous d’en jugez si vous n’êtes pas un habitué
  • Faites-vous conseiller : vous pouvez dépêcher un ami connaisseur, ou mieux, un professionnel. Ce dernier vous facturera l’intervention, mais va peut-être vous faire gagner beaucoup d’argent.
  • Frais n°1, le transport : déménager un piano n’est pas une mince affaire. Il est très difficile de le faire soi-même ou avec un groupe d’ami (je l’ai déjà fait, je m’en rappelle). Et si c’est le cas, il vous faut un camion et une bonne organisation… Le transport dans la même région vous coûtera environ 300€. Appelez un ou plusieurs transporteurs une fois que vous avez votre piano en tête, pour effectuer un devis. Cela coûte plus cher pour les piano à queue que les pianos droits, et si l’acheteur ou le vendeur habitent en étage.
  • Frais n°2, l’entretien : Il faut entretenir tout piano, par un accordage et des réglages techniques (un peu comme une voiture). Vous pouvez ne pas le faire et économiser à cours terme, mais votre piano a plus de risque d’avoir un problème par la suite. Et c’est peut-être ce qu’a fait votre vendeur ! Tâchez d’obtenir des preuves d’entretien. En fonction de la marque du piano, de ses conditions de stockage et de son âge vous pourrez vaguement estimer l’impact sur vos frais futurs.

Même si acheter un piano d’occasion à un particulier semble une bonne affaire, c’est plutôt une pratique que je ne recommande pas pour le tout premier piano. En effet, vérifier tous les points délicats demande de l’expérience, et risque fort de vous faire douter plus qu’autre chose.

Acheter un piano chez un revendeur est plus sûr. Vous paierez plus cher, mais aurez une garantie supplémentaire. Cela peut vous aider à accéder un à piano moyen ou haut de gamme à moindre frais.

Acheter un piano numérique

J’ai baigné dans le son des cordes d’un piano qui vibrent depuis ma tendre enfance. Lorsque je suis dans un espace public et que j’entends sonner la musique, je sais immédiatement s’il s’agit d’un vrai piano ou d’un numérique / musique enregistrée. Tout simplement car je l’ai appris. Et bien entendu, le plaisir que j’en tire est tout autre qu’une musique enregistrée. C’est un peu comme prendre un bain dans votre baignoire versus dans une station thermale avec vue sur les montagnes, vous voyez ?

Cependant, je joue sur numérique depuis des années, car ses avantages cumulés sont indéniables :

  • Il fait moins de bruit qu’un vrai piano. En appartement c’est un atout. Les « cordes qui vibrent » ne sont peut-être pas du goût de vos voisins, qui ADORENT la musique mais ne supportent pas les musiciens dans leur immeuble.
  • Il est transportable. 300€ de gagné ! à chaque déménagement…
  • Il ne demande pas d’entretien. Pas d’accord (120€ de gagné par an), pas de réglage particulier… Par contre s’il tombe en panne, la réparation est soit impossible, soit rédhibitoire en terme de prix. Avoir une garantie constructeur est important.
  • Vous pouvez jouer la nuit avec le casque audio. La qualité est très bien au casque.
  • Si vous êtes du genre gadget (pas comme moi) : il fait plein de sons rigolos. Le son du clavecin sur les pianos Roland est très bien fait ! Mais comme le toucher est radicalement différent d’un clavecin, je ne vois pas spécialement l’intérêt…

Je ne mets pas la qualité du son et le réalisme du toucher dans les avantages, car malgré ce qu’en disent les constructeurs, c’est justement le point faible de ces pianos. Non, leur toucher et leur son ne sont pas les mêmes qu’un piano, et justement pour les débutants je trouve ça très dommage (pour tout le monde en fait). Le son est échantillonné sur de vrais pianos de marque, mais ne vous y trompez pas, l’art du piano n’est pas d’ordre acoustique, mais d’ordre musical. L’intérêt est précisément de « fabriquer votre son » avec les doigts, le corps tout entier. Un échantillonnage n’est pas d’une grande aide…

Si amicalement je surnomme mon piano numérique « mon faux piano », l’option reste ouverte si vous êtes sensible à tous ses avantages.

Je parle ici des vrais pianos numériques, pas des « jouets ».

Et aussi

Je n’ai pas l’occasion de parler de tout dans ce blog, voici quelques sujets importants pour l’achat de votre piano, que je survole ici :

  • La marque de votre piano est importante, en acoustique comme en numérique. Il faut se familiariser avec ce qui existe, ce qui est de qualité ou non. Le prix va être directement impacté, mais il me paraît important de savoir avec qui vous avez à faire. De nouvelles marquent arrivent constamment sur le marché, en particulier pour les pianos d’entrée de gamme, avec souvent une idée en tête : baisser le prix d’achat. Et il faut dire la vérité : les pianos d’usine montent en qualité constamment, ils ne sont pas à bannir par défaut.
  • La fabrication du piano est essentielle, car les grandes marques sèment le trouble en rachetant des marques pas chères ou en fabricant à bas coût, en dehors de leur gamme habituelle.
  • Le rapport qualité-prix. Je l’ai dit souvent : le prix est indexé sur la qualité, mais il y a des petites nuances. Yamaha est connu pour son bon rapport qualité prix, et outre votre goût personnel (vous pouvez légitimement préférer un piano moins cher par un son qui vous plaît mieux), certains prix sont plus intéressants que d’autres pour des pianos semblables.
  • L’accoustique de votre pièce est importante.
  • Piano à queue ou piano droit ? Je n’en ai pas parlé et mon article ne prend en compte que les pianos droits. Mais si la question exclut toute considération : piano à queue bien sûr ! (même dans les petits espaces). Je ne ferai pas confiance à un piano à queue neuf à moins de 8000€ personnellement…
  • Le look du piano peut être important pour vous : couleur, forme, moulures, petits détails… Les pianos ont tristement la même allure. J’ai vu un piano Hello Kitty tout rose une fois, avec un gros logo dessus. J’ai trouvé ça génial ! (mais très peu pour moi).
  • Les systèmes silencieux, qui permettent de jouer au casque sur un vrai piano. C’est un excellent compromis entre vrai piano et piano numérique, en revanche le système coûte en soit environ 1200€ et modifie un peu le fonctionnement du piano en « dégradant » le son acoustique.

J’espère que ça vous aidera, et que plus que jamais vous pratiquerez le piano !

2 réflexions sur “Comment bien choisir son piano

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