L’institut Henri Poincaré, haut lieu des mathématiques et de la physique théorique au siècle passé, est une institution rattachée à l’Université Pierre et Marie Curie et au CNRS. C’est un lieu de rencontre privilégié pour les mathématiques et la physique théorique.

Lorsqu’on pénètre dans la bibliothèque de cet édifice, on est immédiatement plongé dans un lieu de paisible concentration, où des anciens journaux mathématiques de divers pays côtoient les revues les plus actuelles ; où des sculptures en bois ou en papier, derrière des vitrines, rappellent les travaux d’Henri Poincaré ; et où les rayons les plus au fond, sur la mezzanine, nous plonge dans une pénombre gardée par les plus savants théorèmes, découvertes de plusieurs siècles de mathématiques.

Si vous y allez avant le 8 juillet, alors vous vous retrouverez nez à nez avec une drôle d’installation : de nombreux fils électriques parcourent la bibliothèque par le plafond et convergent vers un entonnoir en verre, projetant un son étrange, comme venu de l’espace. Il ne vient de nulle part ailleurs que de la bibliothèque. Aux extrémités des fils, des capteurs sondent le son des objets du lieu et le retransmettent dans des haut-parleurs, après les avoir fait subir un traitement mathématique.

C’est là l’objet de cette exposition originale. Les équations aux tableaux, les panneaux imprimés en aluminium et la station d’écoute nous rappellent au lieu : des espaces acoustiques de dimension supérieures à trois ont été modélisés et transforment le son capté ici. Un concert eut lieu dans la bibliothèque-même, le mercredi 22 mars 2017, pour mettre en évidence l’un de ces espaces par de la musique jouée en direct.

Si la tentative de s’imaginer un espace de dimension trois dans son ensemble (sans être à l’intérieur) peut se terminer en une frustrante migraine, celle de s’imaginer comment s’y diffusent les sons abouti à une réflexion poétique inattendue. Et c’est le succès de l’exposition Esthétopies : s’imaginer l’invisible en écoutant l’inouï.

C’est une vraie découverte que le travail de Pierre Berger, avec Pierre-Yves Faves, Sergio Krakowski, Vincent Martial et Jimena Royo-Letelier ; le tout sous le patronage de Cédric Villani, directeur de l’Institut. Le concert fut donné par Vincent Martial, Olivier Lété et Uriel Barthélémi, devant un public rêveur, s’asseyant à même le sol pour certains, écoutant la bibliothèque chanter. Pour une fois, nous entendons les équations.

Même si le concert n’eut lieu qu’une fois, l’installation reste plusieurs mois. Les panneaux explicatifs sont compréhensibles (les équations sont utiles à un autre public que celui dont je fais partie, mais n’empêche pas de comprendre les mots) et leur mise en scène créent un charme. L’exposition est relativement petite, ce qui donne ensuite l’occasion de suivre les fils pour se retrouver à visiter la bibliothèque.

Cédric Villani rappelle les grandes lignes de la conception de cette exposition, juste avant le concert.

 

Henri Poincaré, considéré comme un des derniers grands savants universels, maîtrisant en particulier l’ensemble des branches des mathématiques. J’avais parlé de lui dans mon article sur Grigori Perelman.

 

  • L’exposition Esthétopies, du 8 mars au 8 juillet 2017 à la bibliothèque de l’Institut Henri Poincaré, 11 rue Pierre et Marie Curie 75015 Paris. Plus d’informations ici.

Update: Vidéo de l’exposition:

Une réflexion sur “Des mathématiques et du son à l’Institut Henri Poincaré

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