Retourner en vacances sur des lieux que l’on connaît déjà a certainement un charme particulier. En particulier quand c’est au Canada, un pays que nous adorons avec Marine, et en particulier quand c’est une ville dans laquelle nous avons vécu (un an). Calgary n’a pas forcément l’attrait d’une ville touristique, mais pour ceux qui la connaissent, elle propose un confort de vie fort agréable, quel que soit la durée du séjour.

Calgary est pour nous cette fois-ci une escale vers “le grand nord”, puisque nous enchaînons vers Whitehorse, au Yukon. Nous rallongeons volontiers cette escale pour rendre visite à des amis de longue date ; et pour s’adonner à une activité qui s’impose dans ce contexte : les promenades mémorielles.

Avec notre petite Salomé, nous avons fait le choix d’un Airbnb, dans le quartier de Kensington. On a bien fait, c’est près du C-Train (le “train léger”, ou LTR, de la ville), du supermarché, et d’un parc pour enfant. Les abords immédiats de la maison sont incroyablement verts et paisibles, à l’image d’autres quartiers résidentiels que nous connaissons en Amérique du Nord. En fait, en plus du jardin, clôturé ou non, une bande de gazon sépare le trottoir de la rue. Elle est propice à la plantation d’arbres, si bien qu’en se promenant on ne sait plus trop si on est dans une rue ou un jardin public, pour ne pas dire botanique. Il faut dire qu’avec des journées à 25 degrés Celsius, belles et ensoleillées, Calgary se montre sous son meilleur jour. Et même si la ville se targue de 330 jours de soleil par an, le froid qui paralyse et la neige partout semble aujourd’hui une chimère.

Dans le quartier résidentiel de Kensington

Nous profitons de notre première matinée pour visiter le zoo de Calgary. C’est un zoo énorme qui occupe l’île Saint George. C’est une petite institution à Calgary, d’abord parce que c’est le zoo le plus visité du Canada, mais aussi parce qu’il est administré par la plus vieille fondation à but non lucrative de l’Alberta. Il y a plus de 4000 espèces. Le zoo est spacieux, accueillant, et divertissant. Nous voulions le visiter “à l’époque”, mais on a opté pour d’autres activités. Maintenant qu’on a un enfant, c’est presque une étape obligatoire ! Salomé a beaucoup apprécié les pingouins, curieux et farouches ; l’imposant ours blanc qui est bien approché de la vitre, mais surtout le toboggan près des loups (c’est un toboggan de jeu, pas une espèce endémique). Les canadiens arrivent tous en famille, et ont soit des poussettes (énormes), soit des chariots (énormes) dans lesquels peuvent s’installer confortablement au moins deux enfants. Certains wagons, comme ils les appellent, ont des accessoires astucieux comme des porte-gobelets, une petite table intégrée, un toit avec moustiquaire… En ce qui me concerne, observer les wagons était un peu la visite dans la visite.

Les pingouins dans le zoo de Calgary
Lynx au zoo de Calgary

Nous connaissons Gaël depuis la première semaine où nous nous sommes installés à Calgary. Il nous a alors guidé et accompagné dans le centre-ville. Il travaille dans les grandes industries, dont le Canada ne manque pas, soit près des villes soit dans des zones reculées. Il vit à Calgary mais a passé aussi du temps en Ontario. Comme tous les Calgariens endurcis, il préfère sa ville à nulle autre, même si, comme toujours, l’hiver rude est invariablement mentionné comme une épreuve à surmonter. Il habite dans des beaux quartiers du sud-ouest, dans cette ville schématiquement divisée en quatre.

Le lendemain nous allons simplement au Riley Park voisin, profiter, à la fraîche, des installations pour enfants. Les parcs pour enfants canadiens sont excellents. Ici, il y a même un énorme splash pad, une installation aquatique où des jets arrosent les enfants par des journées chaudes. Il ne fait quand même pas assez chaud aujorud’hui pour remplir le pad, et on doit même essuyer les toboggans de la rosée (ou de la pluie ?).

Nous marchons longuement dans la ville ensuite, en observant tout ce qu’on peut de cette ville qui vit toujours dans notre souvenir. C’est un jour à moitié férié aujourd’hui, le 3 août, et c’est plutôt calme. Les sans-domicile-fixe sont nombreux en ville, ils sont inévitables. Dans les quartiers est du centre-ville, ils s’agglutinent devant des infrastructures qui leur sont dédiées. Dans les grands parkings plus loin dans la ville, on les a vu se réunissant, se droguant et végétant à moitié debout, comme des zombies, victimes indubitables du fentanyl. C’est un aspect qui a hélas bien progressé à Calgary.

L’après-midi nous retrouvons nos amis, un couple d’ingénieurs qui a maintenant 2 enfants. Le parc de ce matin s’est bien rempli, l’équipe de cricket est au complet, les toboggans ne désemplissent pas (mais le splash pad n’attire toujours pas foule). Salomé court dans l’herbe verte sur des grandes distances pendant que les grands jouent au ballon ou au badminton et grignote le gargantuesque pique-nique qu’ils ont apporté. Les piques-niques et le camping canadiens sont pour nous mémorables. A l’époque, on s’est retrouvé dans des campings très loins des villes où les campeurs avaient une meilleure installation que dans notre appartement, avec plus de chaises que de personnes, des gazinières, appareils à gaufres et à pancakes et thermos de 5 litres. Aujourd’hui, on est un peu dans cet ordre de grandeur, ce qui n’ôte rien à l’authenticité de nos retrouvailles.

Le lendemain nous prenons l’avion pour Whitehorse, la “capitale” du Yukon (prononcez-le à la française si vous êtes francophone). Mais entendons-nous bien : avec 34 000 habitants, elle représente les deux tiers de la population totale de la province, qui fait cependant 90% de la surface de la France. Les territoires du nord du Canada sont vastes, sauvages et magnifiques ; de Calgary ils sont juste à côté et si loin à la fois, sur le chemin d’aucun autre voyage.

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