Nos deux premiers camping en Alaska sont au bord de lacs. Comme nous arrivons l’après-midi, il y a souvent des américains qui sont installés là pour la journée, en général en famille. Ils profitent des installations à la journée, comme la descentes de mise à l’eau du bateau, de l’hydravion du coin (si si) et les installations du camping en général. Ils font des piques-niques géants. Les campings sont équipés comme au Canada, avec des toilettes sèches, des poubelles anti-ours, et une table par emplacement, mais guère plus. Il n’y a pas d’eau courante ni d’électricité (parfois un point d’eau à puiser avec une pompe manuelle ancestrale). Ces deux arrêts nous ont bien relaxé, mais au prochain il faudra faire le plein et la vidange.




North Pole
Une des premières grandes villes qu’on passe est North Pole. Il se trouve qu’elle est très rapprochée de Fairbanks. Comme le nom est marrant, ils se sont dit un jour qu’ils allaient transformer cette ville en “ville de Noël”. Ainsi, les noms de rues portent le nom de Santa Claus ou des rennes du Père Noël ; les lampadaires sont en forme de canne à sucre ; un Père Noël géant nous accueille depuis l’autoroute ; les enfants de tout les États-Unis peuvent écrire au Père Noël à cette adresse… et surtout il y a la Maison du Père Noël, avec un vrai Père Noël dedans qui fait des vidéos pour les petits-enfants ou prend des photos. C’est trop, il faut qu’on s’arrête !
La Maison est bien faite (qu’on se mette d’accord tout de suite : c’est un supermarché). Les produits sont beaux et de qualité, la déco est méga-soignée, il y en a pour tous les goûts… Salomé est la seule enfant bizarrement ; et clairement, les deuxièmes plus jeunes du magasin, c’est nous ! Il faut dire que fêter noël à 10h du matin, sur une route de camping-cariste, il fallait s’y attendre.
Le Père Noël est tellement investi qu’il fait des vidéos de 10 minutes par demandeur. Une longue file de grands-parents s’accumule. On tente notre chance, et par bonheur les demandes de simples photos passent en priorité (aussi parce qu’avec un enfant dans les bras, tout le monde avait compris qu’on n’allait pas attendre une heure). Salomé a vraiment trop peur du Père Noël pour le toucher ou s’asseoir dessus, mais on prend la photo quand même, elle dans mes bras. De là où je suis, je vois les gens dans la file attendris (et impatients). En plein mois d’août, il fallait le faire. Plus tard sur la route, je me demande si le type qui joue le Père Noël n’est pas persuadé d’être le véritable Père Noël. C’est impossible d’être aussi bon, sans aucun enfant autour. Ou alors c’est moi qui me met à y croire.



Fairbanks
Noël est fini. On déboule dans une espèce de ville étendue à en perdre forme, poussiéreuse et indéchiffrable. Au panneau qui indique le centre ville, nous sommes les seuls à tourner… C’est l’heure de manger, mais comme c’est dimanche on se heurte aux fermetures des restaurants qu’on avait repéré. On s’arrête au doigt mouillé dans un diner typiquement américain. Pas besoin de rentrer pour savoir que ça ne va pas être bon. On est rentré. C’était pas bon. Mais il y avait une petite ambiance américaine : on attend d’être placé sur une petite banquette à l’entrée, des familles déjeunent des pancakes avec des nachos, des amis se sont réunis sur une grande table. En sortant, on se dit qu’on va visiter le centre-ville en restant dans la voiture. On tourne pas mal de fois, on cherche l’hôtel de ville, un peu d’animation… mais chaque pâté ressemble presque à une zone industrielle. On a passé quelques maisons dans un quartier résidentiel, certaines bien soignées.

Nous nous rendons au Pioneer Park, qu’on avait coché et qu’on nous a aussi recommandé à notre dernier camping (par des parents). Il s’agit d’une sorte de marché d’artisans permanent, avec un vieux manège et une grande aire de jeu. Les petits chalets ont été déplacé ici depuis divers points de l’Alaska, puis restaurés. Ils ont chacun leur histoire, tel l’énorme bateau S.S. Nenana Sternwheeler Riverboat au milieu du parc et le wagon de train du Denali Railcar. Ce train a été construit en 1905 à Chicago et a transporté des passagers jusqu’en 1945, dont le président Warren G. Harding qui fut le premier président américain à visiter l’Alaska. Nous avons passé un bon moment, en mangeant une glace. On se demande aussi où sont tous les gens car depuis le début de notre périple, et bien qu’on soit en saison haute, les campings sont vides mêmes le week-end, et les attractions comme ici très peu visitées. On reprend la route pour se rapprocher du parc Denali.




Nenana
Nous choisissons Nenana pour camper. Il y a un RV Park, avec douche, laverie, eau et électricité à l’emplacement. On fait le plein. Salomé réclame toujours des jeux. Il n’y en a pas ici (par chance elle n’a pas vus ceux de l’école plus loin), mais il y a un mini-golf ce qui permet de l’occuper un peu. Le RV Park est spacieux et bien plat. Le village semble intéressant, mais nous n’avons pas le temps d’explorer. Nous savons juste qu’une voie ferrée la contourne, puisque le train klaxonne fort toutes les 5 minutes. Même en pleine nuit…



