Notre prochaine ville est… Chicken. Comme le nom est marrant, tous les commerces s’empressent de mettre des dessins de poules partout. Quand je dis tous les commerces ce sont deux RV parks, un saloon, un gift shop et un restaurant. Je ne sais pas où est-ce qu’on prend le plus de risques : le saloon ou le restaurant ? On a faim.
Et à notre grande surprise, c’est délicieux ! (mais hors de prix). C’est d’autant plus une surprise que Chicken n’est pas vraiment une ville… ni même un village… C’est un résidu d’un agglutinement de chercheurs d’or de la fin du XIXème siècle. Elle a l’intérêt de perdurer encore, car les autres villages sont depuis longtemps rayés de la carte. Ici, un bureau de poste est encore en opération (depuis 1903), très mignon. Et quelques panneaux ici où là présentent l’activité et le matériel de chercheur d’or, on peut même s’y essayer.






Dans la rivière trône d’ailleurs un énorme harding, une berge flottante qui récolte et trie les cailloux pour chercher de l’or plus vite. Elle est transformée en petit musée. Je ne sais pas vraiment si beaucoup de chercheurs d’or sont devenus riches, mais je salue leur courage et leur abnégation pour venir ici dans les années 1880, construire ces machines et creuser par des temps absolument horribles. Je remarque surtout que ce qu’il en reste aujourd’hui c’est ceux qui vendent la nourriture et le logis ! Il n’y a pas d’eau potable à Chicken et je crois que l’électricité vient de générateurs. C’est la ville la plus isolée qu’on ait vu, avec une véritable ambiance (entretenue) de chercheurs d’or. Contrairement à d’autres villes traversées, elle a une âme que quelques bonnes volontés fait vivre.

Dans le camping suivant, à Walker Creek, le plus sauvage que l’on ait vu, je me suis essayé à chercher de l’or dans la rivière. Les cinq premières minutes, j’ai trouvé ça super excitant et j’étais persuadé de trouver quelque chose et gagner de l’argent. La sixième minute j’ai abandonné car j’étais sûr de ne rien trouver (je ne sais même pas à quoi ressemble une pépite d’or) et j’avais les mains et les pieds gelés. En plus, ils vendent des pépites au magasin de souvenirs à Chicken. On se console avec un bon barbecue, activité de choix ici qu’on a injustement délaissée depuis le début de notre périple. On compte bien se rattraper pour les jours à venir, d’autant qu’on a du charbon et du bois à écouler. J’ai fait une croix sur le fameux saumon d’Alaska. Même en magasin je n’en trouve pas. Il faut aller sur la côte. Mais c’est ici que les saumons remontent la rivière ! J’ai appris qu’il était interdit aux pêcheurs de revendre leur prise. Peine perdue. J’achèterai mon saumon d’Alaska à Carrefour Toulon. La viande est très bonne ici, au demeurant.

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Tout mignon et fleuri ce village ! Alors, vous avez choisi le saloon ou le restaurant ?
Le restaurant !