Aujourd’hui c’est notre dernier jour. Nous devons rentre le truck camper avant 15:00 sinon on sera facturé un jour de plus. Il faut tour ranger dans nos valises, mais aussi laver la voiture, vider les eaux salles, remplir le gaz (propane) et faire le plein. Et nous sommes à Carmacks, à deux heures de route de Whitehorse, notre point d’arrivée.

On ne voit pas vraiment Carmacks de la route, on s’est simplement arrêté à un RV Park sur le bord de la route, à côté de la rivière Yukon, toujours aussi belle. Le nom de la ville tire son nom de George Washington Carmack, un prospecteur qui a déménagé ici pour chercher de l’or dans le Yukon et ses affluents. Persistant, il a trimé pendant 10 ans, avant de lâcher l’affaire et partir s’installer plus au nord, près de l’actuelle Dawson City. Presque par hasard, il trouve de l’or dans la Rabbit Creek, et pas qu’un peu. Son tamis contient l’équivalent de 5 dollars, là où 10 cents à l’époque était considéré comme un bon gain. Il va s’enrichir dans ce ruisseau, qu’il renomme Bonanza Creek, et va lancer l’année suivante la ruée vers l’or du Klondike.

Le RV Park de Carmacks

On a bien fait de rouler un peu plus la veille, pour économiser de la route aujourd’hui. Salomé nous en a un peu voulu et a beaucoup chouiné sur la dernière heure. Aujourd’hui elle ne veut pas trop remonter dans la voiture. On l’a domptée à coup de frites et nuggets au Dairy Queen en arrivant en ville et elle nous l’a bien rendu, car dans le marathon qui a suivi, elle a été très sage. Je n’avais jamais lavé un pickup avant… et bien c’est ardu, et c’est aussi très cher. C’est 1 dollar la minute et il faut bien 40 minutes avec la partie camper. Ca nous met en retard et on peine à trouver un endroit où faire toutes nos autres tâches. On trouve finalement et on va le plus vite possible car le temps défile. On se présentera au loueur à 15 heures et… zéro minute. Pile poil à l’heure (pour un français, pour un canadien c’est déjà en retard. Mais pas pour le contrat).

Et nous revoilà à pied ! La navette nous ramène à l’aéroport mais nous avons quand même le temps de flâner en ville. Rendre le camper nous rend un peu nostalgique car on y a passé beaucoup de temps et il nous a permis d’expérimenter facilement et confortablement la grande nature du Yukon et de l’Alaska. Mais c’est aussi un soulagement car il vient avec son lot de contraintes et ses coûts associés. Je calcule qu’on a consommé en moyenne 20 litres au cent kilomètres. L’essence est moins chère ici et on roule relativement peu par jour, mais on vide la moitié du réservoir en deux jours seulement. Par contre, les campings nous coûtent pas cher à la nuit (20 dollars), une paille, comparé aux deux nuits d’hôtel qu’il nous reste.

Retour à Whitehorse

Comme je l’ai dit précédemment, Whitehorse concentre 80% de la population. Ça n’en fait pas une grande ville pour autant, mais plutôt une ville centrale, où tous les canadiens ou touristes viennent faire le plein de vivres et démarrer ou terminer leurs vacances et excursions. Elle a remplacé Dawson City comme capitale de la province en 1953. Elle s’est développée comme ville de passage pour atteindre justement Dawson City pendant la ruée vers l’or ; et elle s’est renforcée avec la construction de la Alaska Highway pour des fins militaires. L’administration publique est le principal employeur, suivie du tourisme et de l’exploitation minière.

Une statue en hommage à « toutes les personnes qui poursuivent leur rêve ». Impossible de ne pas penser à George Carmack.

En se promenant dans la ville, on a du mal à saisir l’ambiance, qu’on sent très saisonnière. Comme dans le reste des lieux qu’on a traversé, on se demande à quoi ça ressemble l’hiver. La ville est calme, avec quelques touristes et des familles. Le bord de mer est très bien aménagé, très joli, et met la rivière Yukon en valeur. Nous en avons profité pour faire un restaurant le soir, le Whitehorse Rib & Salmon, et alors que j’allais dire qu’on ne se marche vraiment pas sur les pieds au Yukon, on a dû faire la queue ! Le décor était très sympa, et la nourriture délicieuse. C’était une journée anniversaire alors on a pris le délicieux brownie. Le lendemain c’est le retour et la fin des vacances…

Dans les rues de Whitehorse

Ce séjour était exceptionnel dans le mode de voyage, l’aspect familial et la grandeur de la nature parcourue. Nous avions une image du Yukon et de l’Alaska dans notre esprit qui s’est confirmée ou contredite selon les circonstances. Le camping en camping-car avec un enfant est confirmé, à condition de respecter quelques règles simples qu’on a affinée au cours du voyage. Tout le monde était content ! Comme souvent avec la grande nature, on a toujours l’impression de l’avoir vue sans l’avoir vraiment expérimentée, car depuis la route ou dans des sentiers balisés (en tout cas cette fois-ci), pour profiter de la nature sauvage il faut se préparer sans doute autrement ; mais la route reste un moyen de déplacement de choix pour à la fois admirer et découvrir ces grandes régions du Yukon et de l’Alaska.

Je partagerai sous peu un article plus “pratique” pour ceux qui veulent faire un séjour comparable. Si vous avez des questions ou des commentaires, vous savez comment faire ci-dessous !


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