Le 14 juillet dernier nous avons profité du pont pour suivre la Meuse et rouler vers Givet depuis Reims. Givet est une ville nichet aux confins de la France et qui a la particularité d’avoir pour triple frontière ouest nord est la Belgique. En route !

C’est toujours un plaisir de partir de la maison en vélo. Cela nous évite un transport et nous pouvons immediatement profiter de la route. En l’occurence les grosses chaleurs nous ont imposé un départ de bonne heure (levé 6h départ 7h), « à la fraîche ».

Le nord de Reims, c’est à dire le sud des Ardennes a la particularité de n’avoir rien de particulier. Des immenses champs parcourent le paysage et nous entourent, confinés sur nos petites routes de campagne. Le moindre vallon ou bois isolé egaye la vue et les quelques coquelicots sauvages colorent le voyage. Ces petites routes sont toujours un bonheur et en ce jour férié nous croisons guère de circulation. Notre feuille de route, liste manuscrite de villages à traverser et routes à emprunter, nous suffit largement. Au-delà des routes que je connais bien proches de Reims, nous voyons allègrement du pays.

La mairie de Charleville-Mézières

Une fois à Charleville-Mézieres, nous sommes cuits. 90km bien ensoleillés et une côte surprise à 12% nous ont épuisés. Le camping, dans un port fluvial de la Meuse, nous fait l’effet d’une oasis. Nous retrouvons nos vieux réflex de monter la tente, qui nous sert exactement dans ce genre d’occasions. Le vélocamping pourrait bien être notre mode de voyage favori. En 5 minutes la tente est levée. Plus de raisons de ne pas rejoindre les autres cyclo-randonneurs devant la TV pour l’étape du Tour de France du jour. La victoire de l’anglais Pidcock ravi les deux anglais de passage. Tellement cuits que leur rictus timides froissent leur coups de soleil. Ils font une sorte d’énorme boucle de l’Angleterre jusqu’à Troyes.

Charleville-Mézieres, Charleville pour les intimes, est sur la Meuse. C’est précisément ce que nous venions chercher. Lors de notre voyage à Strasbourg il y a deux ans, lors de notre étape des chenilles processionaires, une cycliste allemande nous a recommandé ce tronçon. C’est une section de l’EuroVélo 19, qui relie Langres à Rotterdam. La piste lisse relise Charleville à Givet en longeant la rivière.

C’est en effet très joli. Moins monotone qu’un canal rectiligne, et creusée dans un profond lit bordé de forêts, la piste est belle. Elle est continue et n’offre aucune difficulté d’orientation. D’ailleurs nous n’avons rien préparé, nous suivons juste la piste jusqu’à Givet.

Les fesses brûlent mais le soleil se lève tard. Nous gardons même nos pulls toute la matinée en ce 15 juillet. Nous évitons les grosses chaleurs mais pensons aux hivers humides que cette géographie peut faire endurer. Les villages traversés sont peu nombreux et il faut sortir du sentier pour tenter une visite. Car tous les villages ne valent pas le détour (comprendre : n’ont pas de boulangerie ouverte). Nous ravitaillons toutefoud pour la journée à Nouzinville.

90km plus tard, à force de zigzags le long de la Meuse, de petites traversées de forêts, de longement de voie ferrée ou de centrale nucléaire (à Chooz), nous arrivons au camping de la clé des champs, à Givet. Pas mécontents d’être arrivés, nous mettons quelques minutes à nous poser et s’asseoir sur un siège non douloureux.

Notre tente est dressée en clin d’œil. Notre très jeune voisin a une poussette à côté de sa tente. On se demande où est l’enfant mais on découvre plus tard que cette poussette fait office de caddie, poussée par un skatebordeur néerlandais qui relie les Pays-Bas à Barcelone ! Il est pas rendu le pauvre. Moi qui croyait qu’il avait kidnappé un môme…

En amazone sur ma monture (ce qui adoucit mes fesses) nous allons profiter de la ville (comprendre : une énorme glace avec chantilly). La mairie arbore autant de drapeaux français que belges et annonce sa géographie singulière. La bière se boit à l’accent belge.

Notre retour en TER (changement à Charleville) se déroule sans encombre, et reste le moyen le plus facile de transporter son vélo. La route nous a beaucoup plu et offre un dépaysement sportif avec très peu de préparation. Traverser la frontière est tentant mais le premier train Belge se trouve à Dinant, rendant le retour un peu compliqué. Dinant-Givet se fait bien en bus, mais pas sûr qu’il prenne les vélos…

L’EuroVélo 19 reste un bon moyen de parcourir facilement ces territoires relativement plats et aménagés que couvrent trois pays proches : la France, la Belgique et les Pays-Bas.

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2 commentaires

  1. Toujours très plaisant de te lire. Je me dis , devant ma tablette , que la voiture ce n’est pas si mal …..quand elle démarre !

  2. Sympa, je n’avais pas réalisé que vous étiez aussi proche de la frontière. C’est une ancienne voie ferrée de Charleville à Givet ? On ne pense pas à faire un aller simple, à la Pentecôte on a fait Paris-Provins-Paris (faudra que je poste sur mon blog d’ailleurs !). Je vois qu’on partage les mêmes centres d’intérêt dans les petits villages : le café ou la boulangerie 😅

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