Concours international de piano des grands amateurs de Paris – La veille

J’écris cet article la veille de mon premier tour. Je joue mercredi 22 novembre à midi. Pour le premier tour, tous les candidats (une centaine) se succèdent devant le jury les journées de mercredi et jeudi. Je suis dans le créneau de 12h à 13h.

C’est la troisième fois que je participe au concours. Pour une fois, je suis content de ma préparation. J’ai sélectionné que des morceaux qui me tiennnt à cœur et je compte bien les défendre dès demain. Il est toujours difficile pour moi d’évaluer le travail accompli. En général, c’est le jour J que je me rends compte qu’en fait certains passages ne sont pas aussi maîtrisés que ce que je croyais ! Cette fois j’ai tenté de mieux me préparer en jouant plus souvent mon programme en public et en allant voir un professeur que j’apprécie pour ses conseils très précieux. Donc je me sens bien plus préparé que les autres années, mais on ne sait jamais !

Au fil que la date approche j’ai un peu changé de technique de travail, sans vraiment le faire volontairement, et je me suis attaqué à plein de petits passages qui accrochent toujours un peu, car ils sont bien plus difficiles pour moi que le reste. En approfondissant ces quelques mesures ici et là j’ai réussi à peaufiner encore mes morceaux. J’entends encore beaucoup les défauts quand je joue, mais mon public m’assure que c’est bien ! C’est ce qui me rassure. Les deux derniers jours, je n’ai travaillé que les morceaux que j’allais jouer au premier tour, pour bien les garder dans les doigts. J’ai beaucoup stressé les moments où je ne suis pas au piano en ayant l’impression d’avoir oublié tout mon travail, mais une fois au piano je reprends mes marques ainsi que la confiance. Avant d’aller au concours demain, j’irai dans un studio de répétition que j’aime bien et que j’ai utilisé de nombreuses fois pour m’entraîner. Comme j’ai un piano numérique chez moi, c’est insuffisant de ne se baser que dessus pour préparer mon programme. Mes cours et mes entraînements en studio étaient toujours sur des bons pianos droits et le plus souvent à queue.

Comme j’ai déjà participé à ce concours dans le passé, j’ai l’avantage de savoir comment il se déroule. Les lieux, le protocole, même les personnes qui encadrent me sont familiers, et c’est un sentiment important. Les autres candidats sont en général aussi stressé et silencieux avant de passer, mais toujours bienveillants envers les autres participants. Je m’attends à retrouver cette ambiance demain. En faisant partie du deuxième créneau, je serai parmi les premiers à passer, mais je sais que je vais rencontrer d’autres candidats qui comme moi s’entraînent depuis des mois et des années pour ce concours. Comme le concours est international, on y rencontre beaucoup d’étrangers qui ont fait jusqu’au déplacement pour venir participer. Pour eux le stress doit être encore plus grand !

La raison principale de ma participation est que cela me permet d’approfondir à fond les morceaux que je joue, ce que je ne fais pas autrement. Le format de concours en soit est très frustrant, car on doit préparer activement des morceaux qu’on ne jouera peut-être pas devant le jury et le public, si on ne passe pas le premier tour par exemple, le plus difficile à passer. Une vingtaine de candidats reste au second tour. C’est pourquoi j’ai choisi de jouer à la fois ce que je préfère et ce que j’ai le mieux préparé pour le premier tour. Ça limitera ma déception si je dois m’arrêter là. Mais bien entendu je ferai tout pour aller plus loin ! Mes proches sont sympa et se disent sûr qu’on me reverra en demi-finale 🙂

Les organisateurs du concours laissent beaucoup de liberté quant au programme à présenter. Il faut tout au plus jouer un J.S. Bach et une oeuvre de al période romantique en demi-finale, ce sont les deux seules contraintes. Le premier tour consiste à laisser le/la candidat/e jouer maximum 10 minutes un programme de son choix. S’il/elle dépasse les 10 minutes, alors c’est la clochette ! Mais je crois que c’est vraiment la seule condition pour la faire sonner. La clochette, sonnée par le jury, indique au/à la pianiste qu’il/elle doit s’arrêter. Je l’ai aussi déjà vue sonner pour que le jury demande à écouter un autre morceau du programme, sans doute pour savoir si le candidat n’a pas tout misé sur un seul morceau et pour juger de qualités qui seraient dures à évaluer sur ce morceau seul. Tous les morceaux (compositeurs, périodes musicales, langages) ne se valent pas, et on n’y juge pas les mêmes qualités.

Quoi qu’il en soit, j’ai tout fait ces derniers mois pour qu’une fois au piano je sache quoi jouer, et comment le jouer ! Quand j’hésitais à m’inscrire avant la date limite j’ai beaucoup hésité, car je savais le travail que ça impliquait. Finalement je ne le regrette pas 🙂 mais je ne m’étais pas trompé. C’est beaucoup, beaucoup de préparation, de doutes, de déceptions et de petites victoires. En espérant que cette préparation ne laisse place demain qu’au plus important : la musique.

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